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Champs de bataille …

Roule le feu, perce le fer, et mord le froid …
Casque sans tête, tête sans tronc, tronc sans ses bras ;
Vision d’enfer, trous de misères, regards d’effroi,
Casque trop clair, rai d’un éclair et succombera…

Boue des ornières, tranchées en terre, rien n’est plus droit
Nuit en plein air, ciel sans lumière, dort sans ses draps…
Roulement de tonnerre, cri des guerrières, signes de croix ;
Ombres fantoches, pluie meurtrière, mains pleines de gras…

Champs ravagés, sillons sans fin, fin d’un endroit…
Rides hideuses, plaies d’une terre, sonne le glas !
Nouvelle tanière, tremble pas fier, l’obus tout broie …
Bulles de glaires, mares de sang, glaise du trépas…

Môles et crevasses, comme taupinières, répit t’octroient ;
Saut des barrières, rafales rasent l’aire, et rebondira…
Pantins rampants, la fondrière, guette sa proie ;
Larmes de chair, jamais cette guerre, ne finira !…

Sentiers de la guerre…

Chemin des Dames,
Guerre qui clame !…
Chemin sans Femme,
Perdu sa gamme…
Chemin des drames,
Brillent les lames…
Chemin des âmes,
Perdu la trame …
Chemin de flammes,
Enfer qui damne !…
Chemin du brame,
Cris d’amalgame …
Chemin sans rame,
Train des Quidams …
Chemin des blâmes,
Point d’Oriflamme !…
Chemin des armes,
Versons nos larmes …

Combattants d’Antan

Où courrez-vous hordes bleutées ?
Vous fondre sur le gris horizon …
Ou répandre, hors les tranchées,
Votre sang, sur un coin de gazon …

Que jetez-vous, ce regard d’acier,
Mines blafardes, sous le casque,
Avant que vous vous élanciez !…
Déjà la mort, vous fait un masque…

Ombres qui dansez sur la crête,
Cibles mouvantes, pantins sans fils,
En face, les armes sont prêtes
A faire feu, tirant, dans le « mille » …

Sous un déluge de mitrailles,
Progressez comme automates,
Sautant de fosses en failles,
Espérant que l’on vous rate …

Mangez, rêvez, pensez si peu …
Dans ce cliquetis infernal…
Roule et gronde ce nourri feu,
Vous ralliant à son fanal …

Autour du bourbier immonde,
De sang, de fer et d’argile,
Des fantômes font la ronde
Pour cueillir vies si fragiles…

Et vous voilà, trois rescapés !
Agrippant ce porte lambeaux…
Vous, dans le rang des éclopés,
Serez, demain, porte-drapeaux !…

Supplique contre les belligérants

O bonne Mère !
Vois-les, tes Enfants,
Ces Hommes amers,
Toujours combattant …

Dons à la Terre,
Rejoignent le rang,
Brandissent le fer,
Ces belligérants !

Enfants que tu perds
Déjà, sur le champ,
Renient leur Père,
Oublient leur Maman !

Jouent au mercenaire,
Répandent le sang,
Excitent leurs nerfs,
Tous ces « serre gens » !

N’aiment que guerre,
Relèvent le gant ;
Jamais c’est la « Der »
Pour ces arrogants !

Vois s’ils sont fiers,
Ces « brise parents »,
D’avoir sur pierre,
Leur nom conquérant !…

Œuvre meurtrière,
N’emploie que tyrans
Pour vie entière
Au mal récurrent…

N’y faut manière
Qui, les excusant,
Sert les bannières,
Causes des absents…

Frère du frère,
Toujours, se méfiant…
Frère au frère,
Sans fin, va, défiant…

Si minoritaires,
Sont les malfaisants,
Sur vue planétaire,
Sont omniprésents …

Vertus guerrières
Des « tout puissants »,
Agitent les lanières
D’un fouet cuisant…

Porteurs de misères,
Proscrits mis au ban,
Bâtisseurs de déserts,
Lâcheurs d’ouragans,

Jetez en rivières
Vos crimes déments,
Poussez civières
De Mille tourments…

Face à Lucifer,
Restons impuissants ?…
Et laissons faire
Les faux innocents ?…

O bonne Mère !
Larmes du Liban !…
Reçois la Prière
De tes bons Enfants !

Farfadet 86 – Mirebeau le 11 Novembre 2017…



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