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c’était une soirée sombre que noyait l’eau des nuages
le souffre empoignait les ombres qui se massaient dans un mirage
les tranchées étaient sanglantes et les bombes perçaient la brûme
ils n’avaient plus comme servante que la peur et l’amertûme
Ces jeunes vieux de vingt ans attendaient sans le savoir
que la mort en un instant les foudroient sans même les voir
ils n’espéraient plus dans la paix, perdus dans leur mare de boue
à coup de gnole ils se saoulaient pour se croire encore debout
Ils mourraient comme des rats en se déféquant dessus
l’avenir ils n’y pensaient pas, l’avenir ils n’y croyaient plus
Le vent froid les faisaient trembler ou peut-être etait-ce l’ennemi
pourquoi donc etaient-ils nés si c’était pour crever ici
On les plongeait dans une bataille face à leurs voisins germains
que l’on traitait de canailles et qui n’étaient que des cousins
La grande guerre tuait ses enfants comme un gosse qui brise ses jouets
on médaillait en les pleurant, en monument on les gravait
Mais faut-il pour etre héros pourrir sous une pelletée de terre
ou bien entrer dans un caveau mouillé des larmes d’une mère
Mon grand-père etait revenu de l’enfer des idéaux
parfois triste la nuit venue il pleurait seul sans un mot
Sa jeunesse avait été donnée aux enchères des nations
qui pendant cinq longues années solda une génération
A ceux qui aiment les distinctions et la gloire fière du guerrier
je laisse la satisfaction et la connerie des défilés…



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