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21 Rue Saint Antoine

Nous croyons tout savoir de ce qui s’est passé 

Avant nous au pays, dans notre livre d’histoire.

On apprend à l’école la vie de la cité,

Ceux qui l’ont dirigé pour leur plus grande gloire.

Mais il passe sous silence un bien curieux moment,

Quelque chose de terrible, qui gâche la renommée 

De celui qui régnait pendant l’événement.

On décida alors qu’il serait effacé.

Aucun livre d’histoire ne mentionna ce fait 

Et l’on promit la veuve à celui qui l’eût fait.

Sauf que ! c’est un corbeau, bien nommé celui là

Du royaume des oiseaux, qui me le raconta.

Nous sommes au 21 de la rue Saint Antoine

A côté de Bastille, dans l’hôtel de Mayenne,

Ici vécu jadis un célèbre chanoine,

Où nous y trouvons là, une drôle de paroissienne.

L’hiver est encore là et la terreur y règne

En maître de ces lieux, plus de Roi plus de Reine.

Robespierre est parti et Danton avant lui,

Tous fauchés par la lame de l’échafaud dressé

Par le peuple qui se venge, mais qui a peur aussi

D’avoir ouvert la porte, à ce monstre rouillé

Qui fait rouler les têtes direct dans le panier.

Du haut de cet hôtel cachée par les persiennes

Elle attend le cortège, l’étrange citoyenne.

Et le bruit qui l’entoure a de quoi l’étourdir.

Des badauds qui se pressent, et des cris et des rires.

Au marchand qui se vante en criant à tue tête

Pour s’entendre et couvrir, le bruit que font ses bêtes.

Les gardes à cheval et d’autres aussi à pied

Tout le long du cortège se sont positionnés.

C’est que tout un chacun sait que l’événement

Est de grande importance pour cette noble cité, 

Hantée par la violence depuis quelques années,

Qui rêve d’accueillir un nouveau souverain

Qui saura pardonner, le sort fait à l’ancien.

Et les roues des charrettes roulant sur les pavés 

Tirées par des chevaux, qui frappent de leurs fers

Le sol butant les pierres, font un boucan d’enfer.

Et même le bedeau veut être de la fête

En buvant en cachette le bon vin de la messe,

Et tirant sur la corde des cloches et des clochettes

Se promettant demain de tout dire à confesse.

Depuis l’hôtel Sully le cortège déboula

Dans la rue Saint Antoine, direction la Bastille.

La colonne de Juillet n’était pas encore là.

Et le peuple d’acclamer Monsieur de Montgeville

Qui sera couronné comme nouveau souverain,

Pour régner sur la France et sur sa destiné 

Et retrouver la Paix, et ce dès ce matin. 

Le cortège passa devant le vingt et un.

Et la foule applaudit au passage du carrosse,

Suivi par cinq grands chiens véritables molosses

Que l’on a déguisé en serviteurs zélés,

Des matadors fidèles qui n’en sont pas moins bêtes.

L’église réconciliée est aussi de la fête,

Avec force de curés et pas moins d’archevêques.

Ils sont dans le cortège en voiture ou à pied,

C’est qu’ils ont plein de choses à se faire pardonner.

Le carreau d’arbalète l’atteignit à la tête

Lui donnant une migraine qui lui sera fatale.

On tira les rideaux sans tambours ni trompette

Sur ce corps qui se meurt, sur cette tête royale.

Oubliant l’étiquette on laissa le cortège

Acclamer celui qui, ne sera couronné.

À la Bastille on fit, prétextant un malaise,

Demi tour au convoi, et sans presser le pas

On repassa devant l’hôtel du vingt et un,

Où derrière la persienne, plus personne n’était là.

Le devoir accompli elle souriait enfin

Se fondant dans la foule, qui ne comprenait rien.

Le convoi regagna son Hôtel de Sully

On referma les portes, personne ne le revit.

On dit en guise d’excuse qu’il avait renoncé

À monter sur le trône à cause de sa santé,

Alors que vous et moi savons la vérité,

Car il fut bel et bien ce jour assassiné.

On chercha l’assassin, un peu, pas trop, en vain

Car deux rois de tuer cela faisait malsain. 

Et le peuple oubliât l’affront fait ce jour là,

En criant d’une seule voix et avec tout son cœur,

Seulement deux ans après, Vive l’Empereur .. Vive l’Empereur !



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