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Je suis la radiation sombre qui illumine
Vos portraits sans regards, ici et là, cloués
Sur tous les bitumes si fondants et gelés,
Vil comme l’insecte servile de ces mines.

Et le sommeil qui ne vient pas, effarouché
Des âges farouches du passé, secoué
Vêtu d’une peau d’ours déposée sur le cerf,
Tout ça est encore si loin des autres serfs.

Je me noie dans une compression de César,
L’or et l’argent n’a pas plus d’odeur, -tu le sais !-
Et je m’embouteille d’un flacon, au hasard
Des cités de la peur, loin de toute beauté !

Et juste une obsession, si craintive et plaintive,
Juste une distorsion dans la mémoire, ravive,
Sélective, et je dois garder tout mon sang-froid,
Dans l’ouverture si étroite de nos lois.

Alors, pour tout désir, je me mens, je m’enferme,
Dans un astre affectif qui garde mes douleurs,
Parcourant, plus vite sous tout mon épiderme,
Dans l’antre dérobé de cet amour qui pleure !

Je me noie dans une compression de César,
L’or et l’argent n’a pas plus d’odeur, -tu le sais !-
Et je m’embouteille d’un flacon, au hasard
Des cités de la peur, loin de toute beauté !

Oh je voudrai être le fluide des fissures
De nos cœurs, m’imbiber au travers de vos pores,
Je pourrai colmater, réchauffer vos gelures,
Devenir si solide, une partie d’un corps !

Je suis la radiation sombre qui illumine
Vos portraits sans regards, ici et là, cloués
Sur tous les bitumes si fondants et gelés,
Réchauffant votre cœur, d’un amour j’imagine.

© Patrice Merelle



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