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Moribonde à  jamais, à  jamais renaissant,
La vague est une enfant que sa mer berce en vain;
Éveillé à  jamais, à  jamais somnolent,
Mon amour vient lécher l’absolu de tes seins.

Balayée à  jamais, à  jamais revenant,
La feuille est un fantôme errant sur les trottoirs;
Divaguant à  jamais, à  jamais finissant,
Mon amour vient hanter tes saisons et tes soirs.

Décochée à  jamais, à  jamais meurtrière,
La flèche a traversé mon cœur et mon plastron,
Insidieuse et volante aux mains de Cupidon:
Mon amour est blessé d’un péché sagittaire.

À perte d’une vue où se font les mirages,
La dune est un serpent qui se dore au soleil,
Qui se love à  ta cuisse et rampe à  ton orteil:
Mon amour vient dormir dans ton sac de couchage.

Rossignol à  jamais, à  jamais perroquet,
La chanson de mon cœur prend des airs de rengaine;
Tu seras le refrain, je serai le couplet,
Mon amour troubadour attendait Madeleine.

Silencieux à  jamais, à  jamais éloquent,
Le crayon parlera jusqu’à  la fin des âges,
En faisant dire au temps ce qu’on fait dire aux pages,
Que, notre amour aidant, nous serons plus amants.

Saturée à  jamais, à  jamais éléphante,
Ma mémoire abyssale a soif de sauvegardes,
À l’affût de tes mots, du cuir de tes cuissardes,
Du côté de ta chair, du côté de Guermantes.

Repassant à  jamais, à  tout jamais changeant,
Le nuage abolit le sommet de tes monts;
Baudelaire à jamais, à  jamais Brancovan,
Ton amour sert de ciel à  tous mes horizons.



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