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Formé à bonne école, le peuple se standardise,
Il perd ses valeurs puis il se clochardise,
Niant ses origines et se cherchant toujours,
Il se gave du présent et vit au jour le jour,
Les jours se suivant sans se ressembler,
Prenant l’habit du jour sans cesser de trembler,
Cherchant sa subsistance, sans jamais la trouver,
L’acte de faire la chaîne, dans sa tête, s’est gravé.
Des pois chiches introuvables au sucre absentéiste,
Des haricots partis sous des cieux plus cléments,
A la boite de tomate et aux fruits égoïstes
Qui boudent les étals et qu’on trouve rarement,
Ajoutant le serre-joint, en vente concomitante,
Matériaux de construction, en rareté fréquente,
Et la cherté de la vie qui se veut bien clémente
Au lieu de construire, mieux vaut dresser la tente.
Et à la queue leu leu, on, se retrouve ensemble,
L’un pour rejoindre l’usine, l’autre pour la quitter,
Cédant à la hantise et devant s’inquiéter
D’un avenir moins beau qu’il ne semble.
Et les grandes surfaces regroupent ce beau monde
Les portes grandes ouvertes, les étals bien fournis,
Snobent ces pauvres gens mais la colère qui gronde
Devant ces kiwis, ces ananas, ces fruits exotiques,
Leurs prix affichés face à la bourse dégarnie,
Les pas des clients s’arrêtent aux portiques.
Les gens alignés devant une boucherie,
S’estiment bien heureux d’un festin espéré
Pesant quelques grammes mais coûtant trop cher
Affolés de devoir subir la supercherie
D’un repas obsolète, la bourse obérée,
Et quittant cette chaîne, où rien n’est offert.
Le pain du boulanger en paiera les frais,
La soupe de lentilles fera bonne affaire
Alors, on se limite à la pauvre basse-cour
Qui voit ses éléments partir tout à tour.
La soupe ayant bouilli, le couvercle se soulève
L’estomac trahi déclenchera l’enfer,
A vivre en mourant, le corps sent qu’il s’élève
Dans l’esprit de refus, sans armes, il s’enferre.
On a vu quatre-vingt au bout de huit ans
Issu de la hantise, cette peur du néant,
Soulever les grilles et les jetant au loin,
L’estomac est heureux : il a marqué un point.
On marche devant le père mais jamais derrière lui !
Le passé s’enterre et le présent s’enfuit,
Perdant ses repères, le futur qui s’annonce
Semblera pour le père comme une grande semonce !
Ainsi, le pauvre coche, tous derrière lui devant,
Enverra le cocher dans ce gouffre dissolvant.



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