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Par quelque angle qu’il faille aborder notre échange,
Il en ressort toujours un attrait pour l’étrange ;
La finesse d’esprit le dispute à l’humour
Si bien, qu’on voit leurs traits rivaliser d’amour.

D’avoir le dernier mot cependant on se pique,
Quand à nos arguments l’autre fait trop la nique.
On pense être au-dessus d’un exposé scabreux,
Quand soudain on se perd dans un débat houleux.
La bonne volonté ni les ruses d’Ulysse
Hélas n’y sont pour rien, mais la seule justice
Qui fait que l’un et l’autre on veut avoir raison
Et qu’on reste aveuglé par son propre horizon.

Le moyen pour sortir d’une semblable impasse,
Serait-ce pas de perdre une ou deux fois la face ?
De bannir cet orgueil qu’on a tous sur nous-même,
À force d’ignorer à quel point on nous aime ;
Laisser tomber le soin qu’on met à se targuer
D’avoir tout vu, tout lu, toujours su tout arguer ?
Ce qu’on cède de force on le reprend en charmes,
On est toujours vainqueur à déposer les armes,
Pour reléguer le soin d’interpréter nos vers
Aux lecteurs, ces pervers qui nous mettent aux fers.



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