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Je veux moisson de tes partages,
De tes grands migrateurs, de tes oiseaux en cage,
Venus de l’Équateur ou nés dans les parages :
Il leur faudra bientôt nicher dans mes branchages.

Je veux mousson de tes nuages …
Et qu’il en crève, et qu’il en pleuve, et qu’il en tombe,
À me mouiller les yeux, à me tremper les lombes,
Quand on sait ce que vaut l’enfant de tes orages !

Je veux boisson d’encre buccale…
De tes vins capiteux, de tes eaux minérales,
Pour en faire ablution comme au temps des vestales,
Puritaine un instant, à jamais bacchanale.

Je veux tesson de tes bouteilles …
Pour les fouler pieds nus et saigner mon amour,
Piétiner ma douleur, marcher sur tes abeilles,
Et si c’est mutilant, c’est quand même velours.

Je veux Soissons de tous tes vases,
Pour frapper du sabot du haut de tes Pégase,
Pour t’appeler Pandore et lâcher les zéphyrs,
Tant retenus dans quelque jarre ou quelque amphore.

Je veux poissons de tes appas,
En voguant sur tes mers, en écumant tes baies,
Tes lieus secrets, ton pageot bleu, tes bars sympas :
Laisse-moi repêcher le vivant de tes raies !

Je veux frisson de tes caresses,
Du revers de ta main, de ta langueur de chatte,
Que n’es-tu Centimane et que n’as-tu cent pattes,
Pour effleurer du bois et pour l’arrêt du cœur.

Je veux buisson de ton école,
Pour flotter tous mes cours, pour sécher sur tes colles,
Et s’il pleuvait un jour, j’aurais tes échandoles,
Et si venait l’amour, ce serait bénévole.



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