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À pied !

Nous pensions naïvement pouvoir traverser la vie à pieds
Défiant les rivières, les océans qui nous séparaient
Notre amour s’était vu livrer des ailes bien colorées
Nous nous pensions si zélés, si prêts à l’appréhender

Nous courrions à perdre haleine, sur les pentes fleuries
Le vent dans tes cheveux se faufilait, nous étions ravis
J’écrasais herbes et broussailles et me montrait si hardi
Devant nous le monde s’ouvrait, nous nous étions conquis

Le matin et le soir faisait la mêlée, nous en avions du temps
Sur ta robe parfois se posait un papillon, quel beau moment
La nature s’exprimait : le soleil pétillait, la pluie en tourment
Tout nous semblait beau, facile à vivre et toi bien poliment !

Tu m’invitais à une ronde, à courir dans les champs et à rire
Nos éclats résonnaient et nous chantions à tue-tête, c’est dire
Que nous étions heureux, innocents, nos regards vers l’avenir
La nuit était nos jours, ni trop obscure, ni obstruée par la mire !

Le temps n’existait pas. nous n’en avions que faire de sa notion
Nous le traversions en bravant délicieusement ses interdictions
À contre-pied nous les prenions, inconsciemment ou par option
Le plus important était l’amour qu’on se portait dans l’obsession

Puis le temps s’est mis à nous gronder, à nous faire la morale
Sans chercher à comprendre que son erreur nous était fatale !
Car si l’innocence meurt et si l’âme vieillit que faire d’original ?
Mais le temps est immuable et nous passe par la cours martiale

Il nous faut grandir tout en acceptant ses coups bas. ses misères
En laissant derrière nous, nos jeux, l’innocence et nos chimères
Je ne puis le blâmer car je ne sais pas s’il est vraiment si austère
Où est-ce nos pensées qui se fanent, et la vieillesse qui s’opère !

« Gardons notre âme d’enfant, jouons à perdre pied sur cette terre »

Thierry Titiyab Malet (le 23 février 2016)



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