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Vitriolées, nos âmes,

séparées des vivants,

marchent de long en large

sur des chemins de ronde.

(…)

(…)

Leur reviennent, incessantes,

les odeurs familières

des capots des comptoirs

où elles traînent leurs bouches pâles.

(…)

(…)

Sur ces routes de zinc

où Al colle, assène et assomme,

de seringues surperflues

parfumées de hocquets,

les tic-tac sadiques des aiguilles,

nous joignons encore les debouts

et apprenons à panser

ce passé qui nous pèse.

(…)

(…)

(…)

(…)

Dans les bas-fonds d’un songe,

Al arme, les bras ballants et vains,

le cœur cerné de limaille et de filles bariolées,

ses yeux d’un feu grégeois qui peine à le chauffer.

Ce soir Al dîne seul devant un cul-de-lampe

l’encre sanguinolent s’écoule

de son âme à demi-morte

Al, cool, teste son cœur flétri.

Puis Al entoure, enlace,

des liasses de mirages

tous vendeurs de vices

et Al gît dans la masse.

Il n’est pas un cas, lisse et bossé

qu’Al lécha goulûment

ou qu’il lustra illico

de ses larmes cafardes.

Dans son caveau de vie

Al, terré, poursuit une ombre fuyante,

Il hume et l’air pèse

plus lourd que ses amères loques

A se déverser sans fin

Al, là, est grand

mais ses mots, las, sonnent,

faux : l’art saint et maux de l’âge.

Profonde heure, habits sales,

Al s’enfonce sous les os

les lames innées

et les vagues abondent.

Submergé de toutes parts,

Al longe ses mues, reines

de sa chair déchirée,

en vain, cœur noyé.

Tes mobiles fragiles

suintent sur tes feuilles

de tes doigts d’art gît le

sang noirci sur le seuil

d’une porte entre-ouverte

à demi mots lestés

D’étranges étrangers

aux géhennes perdues

scènes inexplorées

autochtone inconnu

occupent-ils sans cesse

ma muse, lierre tenace.

Que peuvent donc mes mots

à cette profonde heure

ôter les habits sots

lock-outer leur cœur

Les rimes ne suffissent plus

à effleurer ton être…

Al, hors de lui même,

le poète à ses trousses

serre, vit, tue de vagues

caresses informes

croulant

sous le poids

de sa désespérance

Al languit sur son lit

il se souvient d’Alice

de ses vols éthérés

au milieu des espaces

offerts et incertains,

des peaux étatisées

et des lits d’initiés…

Les amis d’Al en friche

au fond des no man’s land

traînent leurs arts mais

entre les lignes ennemies

la terre inoccupée

s’ennuie de leurs doigts niés.

Et dans ce monde à parts

bâclé de frustrations

chacun prendra la sienne

Al ! Magne-toi de choisir

avant que ne te reste

que des germes indociles.

Car dans ces camps séreux

où Al barde de verre

ses envies nécrosées

on brelle, on brasse, on braie,

et bientôt il n’y aura

que des muses cadelles.



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