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Amours nocturnes

Deux colliers huit bagues cent bijoux
Une hulotte culottée et son hibou
Un arbre à mille feuilles sur ses branches
La hulotte cachant bijoux dans sa manche

Le hibou discret sur le rameau s’avance
Se décontenance s’ébat puis s’élance
La belle hulotte de bijoux alourdie
Ne peut s’envoler aussi, raide engourdie

Elle gonfle son plumage et hulule
Desserre ses serres puis bascule
Va s’échouant lourdement prés du tronc
Brisant dans la douleur un de ses ailerons

Au pied de l’arbre lambine une couleuvre
Que l’ennui et la fin de la nuit désoeuvrent
Attiré par le bruit de la chute
Le serpent indolent crapahute

S’approchant de l’oiseau contusionné
Il pique de venin le corps abandonné
Pourquoi aurais-je volé des bijoux
Sinon pour les offrir à mon hibou

Sanglote la pauvre hulotte humiliée
Mon cher amour m’aurais tu déjà oubliée
Sans toi je vais mourir reviens je t’en supplie
J’étais vraiment heureuse de t’offrir ma vie

J’espérais que mon bonheur durerait toujours
La nuit touche à sa fin vais-je vivre ce jour
Un chasseur cheminant butte sur le corps blessé
De l’oiseau dont l’âme est déjà dans les nuées

Les bijoux sur terre répandus scintillent
Les yeux du chasseur de convoitise brillent
Aussitôt se penchant il ramasse la mise
Par l’aubaine légitiment acquise



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