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Dans dix ans, dans vingt ans,
Quand les haines et les passions
S’apaiseront, noyées par les ans,
Quand les blessures auront guérit
Quand les plaies se fermeront,
j’irais sur cette lointaine colline
Maltraitée par les glacials vents
Me recueillir sur cette tombe esseulée
Rongée par les herbes folles,
Et oubliée par le temps.
Souvent, quand les nuits d’hiver
Deviennent pesantes et longues
Loin et seul dans mon noir exil
J’ai plusieurs fois voyagé,
Juste dans ma folle tête
Jusqu’à cette tombe oubliée,
Qui n’attends plus personne
Pour déposer un peu de bruyère
Qui ne résistera pas aux vents,
Et l’espace d’un furtif instant
Ma main s’allonge malgré moi
Comme pour retenir quelqu’un
Qui s’éloigne, emporté
Dans le brouhaha du néant.
Mais rien de tout cela n’arrivera
Les haines et les passions
Seront toujours là en sentinelle
Les blessures résisteront au temps
Les plaies deviendront profondes,
Et cette tombe restera peut être à jamais
Là, seule défiant les ans
Sur cette colline lacérée par les vents.
Je serais toujours dans mon pénible exil
A faire des voyages dans ma tête,
A vouloir déposer une gerbe de bruyère
Pour défier les terribles vents.
Ma main s’allongera toujours en vain
Pour essayer de retenir le néant
Vaincue par la marche du temps,
Et à chacun de mes éveils en sursaut
La réalité est toujours là , veillant :
« La tombe sur la colline est toujours loin ».
Le pèlerin égaré, un jour sur le chemin
Passera devant cette triste colline
Toujours malmenée par les vents,
Jettera un ultime et attendrissant regard
Vers deux vieilles tombes en ruine,
Côtes a côtes défiants le temps.
Je serais là, dans l’autre tombe
Atténuant ta pénible solitude
Et nous admireront pour l’éternité
Ce soleil qui se couche rougeoyant
Sur la campagne qui s’endort au loin.

Abdelaziz Benzid  » le souffle des mots  » .editions: « Edilivre »2016



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