Ligue des Poètes

Auteur

Tristan Corbiére

Vésuves et Cie

Pompeïa-station — Vésuve, est-ce encor toi ? Toi qui fis mon bonheur, tout petit, en Bretagne, — Du bon temps où la foi transportait la montagne — Sur un bel abat-jour, chez une tante à moi : Tu te détachais… Lire la suite →

Veder Napoli poi mori

Voir Naples et… — Fort bien, merci, j’en viens. — Patrie D’Anglais en vrai, mal peints sur fond bleu-perruquier ! Dans l’indigo l’artiste en tous genres oublie. Ce Ne-m’oubliez-pas d’outremer : le douanier. — Ô Corinne !… ils sont là… Lire la suite →

Toit

Tiens non ! J’attendrai tranquille, Planté sous le toit, Qu’il me tombe quelque tuile, Souvenir de Toi ! J’ai tondu l’herbe, je lèche La pierre, — altéré Comme la Colique-sèche De Miserere ! Je crèverai — Dieu me damne !… Lire la suite →

Steam-boat

A une passagère. En fumée elle est donc chassée L’éternité, la traversée Qui fit de Vous ma soeur d’un jour, Ma soeur d’amour ! … Là-bas : cette mer incolore Où ce qui fut Toi flotte encore… Ici : la… Lire la suite →

Sonnet de nuit

Ô croisée ensommeillée, Dure à mes trente-six morts ! Vitre en diamant, éraillée Par mes atroces accords ! Herse hérissant rouillée Tes crocs où je pends et mords ! Oubliette verrouillée Qui me renferme… dehors ! Pour Toi, Bourreau que… Lire la suite →

Paris diurne

Vois aux cieux le grand rond de cuivre rouge luire, Immense casserole où le Bon Dieu fait cuire La manne, l’arlequin, l’éternel plat du jour. C’est trempé de sueur et c’est poivré d’amour. Les Laridons en cercle attendent près du… Lire la suite →

Pièce à carreaux

Ah ! si Vous avez à Tolède, Un vitrier Qui vous forge un vitrail plus raide Qu’un bouclier !… À Tolède j’irai ma flamme Souffler, ce soir ; À Tolède tremper la lame De mon rasoir ! Si cela ne… Lire la suite →

Paysage mauvais

Sables de vieux os – Le flot râle Des glas : crevant bruit sur bruit … – Palud pâle, où la lune avale De gros vers, pour passer la nuit. – Calme de peste, où la fièvre Cuit … Le… Lire la suite →

La cigale et le poète

Le poète ayant chanté, Déchanté, Vit sa Muse, presque bue, Rouler en bas de sa nue De carton, sur des lambeaux De papiers et d’oripeaux. Il alla coller sa mine Aux carreaux de sa voisine, Pour lui peindre ses regrets… Lire la suite →

Le mousse

Mousse : il est donc marin, ton père ?… – Pêcheur. Perdu depuis longtemps. En découchant d’avec ma mère, Il a couché dans les brisants … Maman lui garde au cimetière Une tombe – et rien dedans – C’est moi… Lire la suite →

La Pipe au poète

Je suis la Pipe d’un poète, Sa nourrice, et : j’endors sa Bête. Quand ses chimères éborgnées Viennent se heurter à son front, Je fume… Et lui, dans son plafond, Ne peut plus voir les araignées. … Je lui fais… Lire la suite →

Guitare

Je sais rouler une amourette En cigarette, Je sais rouler l’or et les plats ! Et les filles dans de beaux draps ! Ne crains pas de longueurs fidèles : Pour mules mes pieds ont des ailes ; Voleur de… Lire la suite →

Fleur d’art

Oui — Quel art jaloux dans Ta fine histoire ! Quels bibelots chers ! — Un bout de sonnet, Un cœur gravé dans ta manière noire, Des traits de canif à coups de stylet. — Tout fier mon cœur porte… Lire la suite →

Heures

Aumône au malandrin en chasse Mauvais oeil à l’oeil assassin ! Fer contre fer au spadassin ! – Mon âme n’est pas en état de grâce ! – Je suis le fou de Pampelune, J’ai peur du rire de la… Lire la suite →

Femme

Lui — cet être faussé, mal aimé, mal souffert, Mal haï — mauvais livre… et pire : il m’intéresse. — S’il est vide après tout… Oh mon dieu, je le laisse, Comme un roman pauvre — entr’ouvert. Cet homme est… Lire la suite →

Féminin singulier

Eternel Féminin de l’éternel jocrisse ! Fais-nous sauter, pantins nous pavons les décors ! Nous éclairons la rampe… Et toi, dans la coulisse, Tu peux faire au pompier le pur don de ton corps. Fais claquer sur nos dos le… Lire la suite →

Elizir d’Amor

Tu ne me veux pas en rêve, Tu m’auras en cauchemar ! T’écorchant au vif, sans trêve, – Pour moi.., pour l’amour de l’art. – Ouvre : je passerai vite, Les nuits sont courtes, l’été… Mais ma musique est maudite,… Lire la suite →

À ma jument souris

Pas d’éperon ni de cravache, N’est-ce pas, Maîtresse à poil gris… C’est bon à pousser une vache, Pas une petite Souris. Pas de mors à ta pauvre bouche : Je t’aime, et ma cuisse te touche. Pas de selle, pas… Lire la suite →

A l’Etna

Etna – j’ai monté le Vésuve … Le Vésuve a beaucoup baissé : J’étais plus chaud que son effluve, Plus que sa crête hérissés … – Toi que l’on compare à la femme … – Pourquoi ? – Pour ton… Lire la suite →

Bougival, 8 mai

Elle était riche de vingt ans, Moi j’étais jeune de vingt francs, Et nous fîmes bourse commune, Placée, à fonds perdu, dans une Infidèle nuit de printemps. La lune a fait un trou dedans, Rond comme un écu de cinq… Lire la suite →

What ?. SHAKESPEARE

Des essais ? – Allons donc, je n’ai pas essayé ! Étude ? – Fainéant je n’ai jamais pillé. Volume ? – Trop broché pour être relié. De la copie ? – Hélas non, ce n’est pas payé ! Un… Lire la suite →

EPITAPHE

Sauf les amoureux commencans ou finis qui veulent commencer par la fin il y a tant de choses qui finissent par le commencement que le commencement commence à finir par être la fin la fin en sera que les amoureux… Lire la suite →

À une rose

Rose, rose-d’amour vannée, Jamais fanée, Le rouge-fin est ta couleur, Ô fausse-fleur ! Feuille où pondent les journalistes Un fait-divers, Papier-joseph, croquis d’artistes : – Chiffres ou vers – Coeur de parfum, montant arôme Qui nous embaume. Et ferait même… Lire la suite →

À une camarade

Que me veux-tu donc, femme trois fois fille ?. Moi qui te croyais un si bon enfant ! – De l’amour ?. – Allons : cherche, apporte, pille ! M’aimer aussi, toi !. moi qui t’aimais tant. Oh ! je… Lire la suite →

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