Partagez

– Et nous proférerons des mots inaccessibles,
Des mots particuliers, des mots embouteillés. –
À mes frères humains : de prudence n’ayez
La morale au fusain, les verbes inaudibles.

Je vous prends pour témoins de ma lucidité :
J’ai vu des subjectifs se vendre à l’hexamètre
Et des phrases-putains se saigner à la lettre
Pour des romans deux sous gorgés d’humidité.

À Je, l’Autre, à nous tous, à la mémoire ouverte
Sur les siècles à mains – À mettre des gants
Sur les propos conventionnés, extravagants,
Nos lèvres s’y caresseront l’âme disserte. –

Il faut savoir gueuler son idée au trottoir
Comme un chien ; je suis chien de tendresses immondes
– Miserere, Seigneur ! – Aux brisures profondes,
Fleurs de chair, bassin du dernier « couac ! » de l’espoir.

Pauvres, avons la plume à l’index, quant au rêve…
Nous n’employons plus que des mots tout relatifs :
Amour n’a plus de sens que les bonsoirs hâtifs
Embrassés à la porte où claque la relève.

J’ai connu l’amitié se feindre aux rendez-vous ;
Ce désert où je prolonge ma solitude
-Malgré les compaings – a pris le nom d’habitude ;
Je feins parfois – merci… – que je puisse être à vous.

Maintenant, je vous prie… arrêtez la musique,
Nous ne pouvons être plus sociabilisés.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 3 votes