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Je me lève le matin. Là encore, après l’équinoxe, il fait un très beau ciel automnal. Un retour dialectique vers le printemps. Le caractère opportun de quelques lambeaux blancs est comme un souvenir qu’on ne peut effacer de la corolle d’une fleur. L’heure est pour un peu de bonheur. J’essaie d’en écrire, de l’aube, le rêve. L’éclair ambigu du soleil, qui se lève, et la lumière fuyante de l’étoile, qui descende, se mêlent dans mon coeur. Je mets mon poème en cave, comme d’habitude, espérant que les mots épars et les phrases tronquées n’auront plus de goût dans une saison où le ciel ressemble moins au printemps. Je vis, donc. Tout est habituel sur la télé. Il n’y a rien de nouveau sauf de nouveaux morts. De nouvelles étoiles éteintes comme celle de l’aube. On prend un corps, ou ce qui en reste, et on le mène en une procession routinière vers le cimetière. Tout est habituel. Il n’y a rien de nouveau. La speakerine fait ce qu’il doit faire. Elle énumère les folies de l’humanité en toute tranquillité. Elle ajuste son rouge en guise de pause publicitaire. Tout est habituel. La mort est devenue une nouvelle familière. Je n’entends plus rien. Je reviens à mes rêves et mes mots. Les lambeaux de blanc persistent au fond du ciel et le bleu aussi. Je note d’autres bouts du soir et j’attends un jour qui ressemble moins au printemps.



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