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Bruits des champs et des villes

Deux portes claquent trois voitures klaxonnent
Sur le boulevard dix mille voix résonnent
Les unes s’interpellent d’autres se hèlent
De tant de tumulte déjà je me craquelle

Un enfant tousse quatre vieillards éternuent
De ce marais sonore il faut que je m’évacue
Des moteurs vrombissent plus loin des roues crissent
Comprennent –ils qu’ils m’abasourdissent

Je veux m’en aller loin du vacarme de la ville
Là- bas dans les prés pourquoi pas sur une ile
Je suis lasse des sifflements des sirènes
Qu’Ulysse prit jadis pour des cantilènes

Je veux me rassasier du silence des champs
Sentir craquer les branches des muriers blancs
Je veux que les oiseaux ne pépient que pour moi
Et qu’ils allègent à la ronde mon effroi

Je veux que le tonnerre menace si fort
Qu’une peur motivée s’éloigne de mon corps
Je veux que la pluie crépite au dessus des toits
Et que tombant elle apaise mon désarroi

Je veux tous les sons que répand la nature
Pour radier de mon vif tourment la torture

Jacqueline Grout – Bruits des champs et des villes



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