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César et les autres
Au détour du chemin qui vois-je main dans la main ?
César et Cléopatre et Cesarion aussi.
Que font-ils donc ici ? et de si bon matin
À l’arrêt d’autobus, destination Paris.
Évadés d’un gros livre de l’école d’à côté
Ou bien de l’espace temps, ce qui peut arriver.
Césarion a froid, c’est vrai qu’il-y a du vent.
En tout cas ils sont là grelotant sur le banc.
Elle est en robe légère avec sa coiffe de reine,
Quand lui est ligoté dans un costume cintré
De général d’armée qu’il referme avec peine.
Je m’apprêtais à aller leur chercher un café,
Quand le carrosse bleu aux armoiries du Roi
Louis XVI, fatigué, s’arrête juste devant moi.
En sort quatre personnes toutes aussi étonnantes.
Après que le laquais eut ouvert la portière,
Et baissé l’escabeau de la porte de derrière.
Une Marie Antoinette toujours aussi charmante
La duchesse de Lamballe sa Dame de compagnie,
Comtesse de Polignac qui avait ses faveurs,
Et un je ne sais qui, qui devait être des leurs.
C’est quand ils se sont vus et même reconnus,
Eux qui venait de Lyon et elles d’Allemagne
Que je compris enfin qui ils étaient vraiment.
D’autant plus que venait d’arriver Charlemagne
Et son neveu Roland, un garçon bien charmant,
Qui devait avoir faim car il prit son casse dalle,
Tout emprunté qu’il fut à cause de Durandal.
Et puis voilà qu’arrive aussi un général,
Grand avec deux étoiles, de Gaule évidemment.
Ça causait gentiment de la pluie du beau temps
Et du prochain spectacle qui devait avoir lieu,
Cet après midi même dans une salle de banlieue.
Je l’avais deviné, c’étaient des figurants
Attendus au Théâtre, qui ne savaient comment
Y aller tous ensemble, vu que c’était Dimanche.
Les comédiens ce jour sont encore à la tâche,
Quand le chauffeur du bus, ah ben lui, c’est relâche.
Et le carrosse bien sûr ne peut pas transporter
Toute une troupe de beaux personnages déguisés.
D’autant plus que voilà que viennent d’arriver
Blanche neige et les sept nains, plus Tintin et Milou.
Oh là là que de monde, c’est complètement fou.
C’est alors que me vint une idée amusante
Pour leur venir en aide. j’va demander à Garry
De me faire une fleur, en m’prettant son tracteur
Et bien sûr sa remorque, celle qu’est la plus jolie
Pour pouvoir transporter tous ses nombreux acteurs.
Et l’on vit arriver sur la place du village
Attendant impatient un drôle d’aréopage.
Une benne qui sentait bon la ferme et le crottin
D’où descendit le Roi et tous les comédiens,
Suivi d’un beau carrosse à l’étrange équipage.
J’avais ainsi sauver la représentation
Qui eu un grand succès pour l’interprétation.
Je fus donc acclamé au final du salut,
Ce devait être temps car après, il a plu.

Michel DECOUIS – extrait d’eclats De vers 11/17 le proscenium.



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