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Durant combien de jours et tout autant de nuits ?
Durant combien de temps à attendre la fin ?
La terre avait tremblé de ces coups, de ces bruits,
Avant que le silence réapparaisse enfin.

Combien étaient partis, combien allaient rentrer ?
Combien étaient vivants, combien ne l’étaient plus ?
Parle- t-on de victoire, parle-t-on de gagner ?
Se poser la question en devient superflu.

Les canons s’étaient tus, plus de mitrailles, plus rien,
Que le chant des oiseaux qui passaient par hasard,
Que rapportent les guerres? on ne sait pas très bien,
Peut-être simplement, dresser un étendard.

Il marchait en silence en regardant le sol,
Au milieu de ces corps, de ses amis, ses frères,
Puis détournait la tête en remontant son col,
Il y a des images qui cachent les lumières.

Dans la main d’un copain une photo jaunie,
C’est celle de sa femme, elle attend un bébé,
Un être qui s’en vient, un autre perd la vie,
Si tout se passe bien il viendra en été.

Dans la main de cet autre, une fleur simplement,
Peut-être a-t-il voulu avant de s’en aller,
Sentir son doux parfum rien qu’un dernier moment,
Le parfum de la mort peut parfois déranger.

Cette odeur de la mort qui vous prend aux boyaux,
Cette odeur de la faim et celle de l’horreur,
Et l’odeur de soi-même, pour finir le tableau,
C’est l’odeur de la honte, c’est celle de la peur.

Les canons s’étaient tus, il marchait en silence,
Et puis il s’arrêta auprès d’un gros rocher,
Il s’assit lentement, perdu dans son absence,
Et regardant ce monde, il se mit à pleurer.



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