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À nos chairs disparues.

Ci-gît
Un pauvre avare aigri aimant les sous, l’artiche
Et l’or,
Les cimetières gris sont remplis de gens riches
Et morts.

Ci-gît
Un torero cocu – il est parfois des fins
Qui fâchent -,
Mort comme il a vécu : encorné. Le destin
Est vache.

Ci-gît
Un amant abusé : quoi ? Confiance en elle ?
Jamais !
Lors il a épousé la Mort : elle, est fidèle,
Ah, mais !

Ci-gît
Un peintre à l’œuvre pie, de ceux que la pudeur
Inspire,
Il trépassa, tant pis. Avec lui, la laideur
Expire.

Ci-gît
Un pompier mythomane aimant du feu l’empire.
Celui
Qu’on disait pyromane est parti. On peut dire :
Feu lui.

Ci-gît
Un créancier forçat des dettes, éperdu
Mais, dame,
Il n’avait plus que ça : alors il a rendu
Son âme.

Ci-gît
Un poète – ô soupir ! – rimeur de peu d’estime,
Vaurien,
Pourquoi dut-il mourir ? Même sa mort ne rime
À rien.



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