Partagez

Circulez !
Circulez circulez ! Il n’y a rien à voir
Disait un fonctionnaire de la circulation
Tentant en vain, au vingt et un rue Rochechouart,
De protéger du drame toute la population.

Car c’est un accident de la vie ordinaire
Qui se joue maintenant à cette adresse là.
Ce sont deux amoureux, enfin ils en ont l’air,
Puisque l’une est en haut et que l’autre est en bas.
Nous sommes Dimanche soir, il est cinq heures du soir.

Mais que fait donc Juliette sur son balcon de fer
A jeter dans la rue ses meubles et ses affaires ?
Roméo est en bas, et a beau susurrer
Qu’il l’a pas fait express, qu’il ne le fera plus,
Il n’en reçoit pas moins son petit mobilier
Qui vient s’écraser là, au milieu de la rue.

La belle était furieuse, une histoire d’adultère
Qu’on compris les voisins, quand arriva par terre
La valise toute remplie de ses affaires à lui
Qui explosa semant, partout ses vêtements.
Quand il vit son ordi, il dit pardon ! non non !
Elle dit : si ! Et elle lâchât l’engin pour de bon
Qui vient s’éparpiller, cassé sur la chaussée.
Suivi son imprimante son appareil photo,
Un ou deux bibelots et même son chapeau.
Faute de munitions enfin le calme revint,
Chacun rentra chez lui jusqu’au lundi matin.

Roméo ramassa ce qui restait des lots,
Mis tout ça à la benne et partit aussitôt.
Aucun ne sût vraiment ce qui s’était passé,
Mais tous ont bien compris que Juliette blessée
Avait fait place nette. Passer pertes et profits
Cet amour malhonnête servit par un impie,
Et attendit encore … l’amoureux de sa vie.

Personne ne fut blessé par toutes ses projections
Mis à part, oh pardon ! Un bien pauvre pigeon
Qui fut la seule victime, dommage collatéral,
De cette scène de ménage on ne peut plus brutale.
Recevoir sur le bec la bibliothèque Hachette
Avait de quoi c’est sûr, lui faire perdre la tête.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 2 votes