Partagez

Titre : Citoyen
Moi, je jure que du jour où, devenu citoyen
D’un pays qui semble ne me devoir rien,
J’ai cessé d’être moi devenu algérien,
Société parsemée, divisée et sans lien !
Je me retrouve jeune, devant me débrouiller,
Faisant face à des frères devenus ennemis,
Cherchant, parmi les miens, un quelconque ami,
Ainsi, pour me faire rire, il faut me chatouiller !
Les frères ennemis, adversaires de toujours,
Les fils s’insurgeant et prenant le grand large,
La voile, au grand vent, s’éloigne sans retour,
Et le cœur défaillant s’énerve et perd courage.
J’estime que le passé, le présent dévoyés,
Se doivent un réveil avant de se noyer,
Que l’amitié, l’amour, les ailes déployées
Doivent se raffermir plutôt que de ployer.
Par la force de mes bras et sans soutien aucun,
J’ai fait mon parcours et ne regrette rien,
N’ayant point succombé face à l’adversité
Qu’elle soit professionnelle ou bien de société.
De par ma volonté, sans être soutenu,
Je ne suis maintenant que ce que j’ai voulu,
Je dirai que ma vie, et tout son contenu,
A compter sur d’autres, s’est toujours abstenue.
Les proches et les amis, souriant de leurs belles dents,
Certains se préparaient, tenant déjà un cierge,
Usant de leurs tours m’attirant dans le piège
De la médiocrité, à mon corps défendant.
J’ai usé de ma plume, noircissant mes idées,
J’ai écrit, publié, sans avoir quémandé
Le soutien éphémère de mes meilleurs envieux,
Des jaloux de ma plume qui ne peuvent faire mieux.
Ainsi, aujourd’hui, ce qu’on nomme palmarès,
Se résume en ouvrages si utiles à certains,
Avec ce juillet, synonyme de noblesse,
Il me semble, aujourd’hui, n’avoir aucun lien.
Si la société, à l’écoute de tous ses sujets,
Attribue des dons, des cadeaux, des soutiens,
En logements sociaux, pour créer un projet,
Je n’ai rien reçu d’elle, je m’en ressens bien.
Ni logement, ni château,
Ni dons ni cadeaux,
Si ce n’est d’appliquer les lois du devoir,
En taisant à souhait volonté et pouvoir.
Ai-je eu la liberté, objectif de mes pères ?
Serait-ce le libre choix que l’on nous a offert
Où de vivre le jour sous les affres de l’enfer
Les fins de mois, chacune, devenant un calvaire ?
J’ignore si mon pays gardera mon souvenir,
Je sais qu’en partant, je ne laisse aucun vide,
L’héritage de mon nom verra des dents avides
Pour s’en accaparer, se mouvoir et agir.
Je dédie ce poème à tous les envieux,
Ceux qui sont jaloux et jouent l’indifférence,
Je n’aurai foi qu’en Dieu, et jamais en eux
Je me venge, devenant, pour eux, une référence.
Riche de mon travail et de toute ma sueur,
J’attends, le cœur vaillant de devoir repartir,
Chevalier sans reproche et surtout sans peur,
Je sais qu’en m’en allant, je ne peux revenir.
J’irai rejoindre ceux qui sont partis avant,
J’irai prendre place parmi mes ascendants,
Je serai surtout proche de mon descendant
Et je pourrai serrer, dans mes bras, mon enfant.
Cheikh Saïd MECHERRI



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4 sur 6 votes