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Comme si tu te crevais plusieurs fois en plusieurs vies

Quand le socle est bancal dès le départ , ta machine à filer du beau et bon coton ne va pas se mettre en route tout de suite.
Tu vas t‘essayer à ce qui pourrait te faire du bien ou à ce qui pourrait te faire du mal
Tu cherches à te crever plusieurs fois en plusieurs vies quoi.
Tu te donnes des rôles pour savoir celui qui pourrait te convenir
puisque tu ne sais pas quel est le bon mode d’emploi pour “vivre“.
Et puis vivre, ça résonne pas vraiment pour toi.
Alors tu commences par endosser le rôle de celui qui aime tout le monde, qui clame haut et fort “ tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil “ , le “ Peace and Love mes frères “.
Alors bien sûr, dans ce personnage, t‘accepte tous les profils, mais bizarrement s’accrochent plus à toi les paumés, les gens qui ont le travers de la destruction lente et efficace où se mêlent vice, mensonge, addiction sous toutes ses faces, la chialerie d’un monde désabusé.
T’as cette impression que ça t‘excite, que ça te fait exister toutes ces odeurs de foutre, de merde, mais tu ne sais pas pourquoi.
Le glauque, le sale, le sexe sans limite et surtout sans état d’âme, ça t’enivre, ça t’adrénaline, ça te remplit.

Et puis à un moment donné, à un instant comme ça, celui que t’aurai jamais cru voir venir, tu te retrouve seule face à toi dans la pénombre et tu vois là tes fantômes, tes ombres, tes démons qui se sont tous donnés rendez vous… et là tu pleures dans des sanglots violents, étouffants, t‘as mal, tu ressens ces coups de poignards, ces aiguilles bien fines que tu t‘aies bien envoyées.
Le tourbillon de ta vie vaine te reprend quelques années.
Tu continues de te faire endurer des années de souffrance
On percute pas tout de suite son mal à l’âme.
Il faut beaucoup de déchirure, de rupture, de violence, revêtir de multiples habits en peau de chagrin pour que tu finisses par te retirer de l’impalpable, de l’impensable.
Et puis tu finis par te mettre à marcher dans tes propres pas, à ta propre mesure, à plus vouloir baiser à en faire l‘amour.
Tu ne cherches plus à être aimée dans ce rôle que tu avais si bien joué, le masque prend visage.
T’as compris que tu voulais être peinard dans ton propre soleil avec les gens qui se piquent pas à l’échine de leur être.

Anne.B



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