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Aude tous les matins courait vers la prairie
Épier le départ, de brume enveloppé,
De Benoit le berger quittant la métairie,
De sa marche rapide, au pas vif, syncopé.

En surveillant l’émoi de cette crainte exquise
Envahir son esprit d’un rêve inaccompli,
Elle se confondait à la muraille grise
Où, un lierre grimpant, l’espace avait empli.

Elle gardait encore à la pulpe des lèvres
Ce baiser qui l’avait ardemment effleurée,
Sentant fort le vin aux senteurs de genièvre
Et l’herbe des hauteurs, à l’odeur si fleurée.

C’était en juin dernier, au grand bal du village,
Quand le feu embrasé vénérait la Saint-Jean,
Que les gars du pays tentaient le badinage,
Auprès d’une beauté, en veine de roman.

La nuit était complice et l’absence de lune
Aidait les amoureux à expérimenter
Les gestes interdits, car était opportune
La discrète lueur, qui savait pimenter.

Elle avait soutenu cet éclat magnétique
Mais de ces yeux ardents, son regard avait fui
Pour accueillir l’amour en cette nuit magique,
Et s’ouvrir sans gémir, telle belle-de-nuit.



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