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Il a dit :
J’ai hérité d’un trésor !
C’est ça qui l’a perdu.
Le premier coup l’a touché à la tempe.
Frappé par derrière.
Par des hommes et des femmes inconnus.
Ce n’étaient pas des gens d’ici.
C’étaient des gens de pouvoirs.
Et ils riaient, ils riaient…
Il a voulu rire lui aussi.
Pour ne pas rester en reste.
C’est là qu’un autre coup,
Claqué en pleine figure,
Lui a cassé toutes les dents de devant.
Ils ont hurlé : « crache le morceau, salaud ! »
Et ils frappaient encore.
Et pour rester humain ils riaient aussi…
« Prenez tout ! » A t’il supplié, « prenez tout ! »
Mais comme ils ne trouvaient rien,
Ils se sont fâchés.
C’est légitime.
Ils l’ont traité de traitre de vicieux de menteur et de lâche.
Et toujours ils frappaient, ils frappaient…
Mais ils ne riaient plus.
Et l’ont laissé pour mort.
Sur le parquet de marbre.
La tête gisant, et le corps en morceaux.
Seul.
Alors, il a ramassé sa souffrance, son incompréhension, sa peur et sa folie.
Puis, se redressant,
Il a d’abord maudit ses parents, le ciel la terre et tous les hommes et s’est maudit lui-même.
Et dans un ultime effort,
Il est allé graver sur le mur du fond de la scène.
En lettres majuscules, immenses,
A l’aide de son sang, de sa merde et de son foutre,
Ces mots :
J’AI RECU L’AMOUR EN HERITAGE
Et puis il est mourut,
Sous les rires et les acclamations du public.



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