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Dès la lueur du jour, j’ai les yeux

Humectés de larmes, fait un adieu

A ma plume, ma compagne féerique

Ainsi à cette veine poétique.

Je sors de mon vieux tiroir ces feuilles

Où l’encre illustrait les entrailles

De mes pensées, de mes histoires

A travers le jour et le soir.

Je les mets l’une après l’autre en morceaux

Sans même penser à lire un mot

Ou choisir quelques-unes en souvenir

D’un moment qui a pu me tenir.

Ma plume me regarde, me parle, me déride

Je l’ignore, je m’abstiens, je l’évite.

Elle me tient, m’adjure, je l’éconduis

Et comme l’ombre, elle me suit.

Soudain, en me voyant lui tourner le dos,

Elle se fulmine contre moi par des propos.

J’arrête le pas et j’entends

Sous les sanglots je ne réponds.

As-tu oublié que je suis ta fidèle amie

Qui t’a toujours tenue compagnie,

Qui est toujours à tes côtés, toujours présente

Sans jamais être exigeante ?

As-tu oublié combien tu m’as réveillée

Quand par une idée tu fus secoué

Dans la profondeur des nuits

Alors que je suis évanouie ?

Qu’en est-il advenu de notre lien

Pour qu’il soit rompu ce matin ?

Qu’ai-je fais pour mériter cette attitude ?

Sens-tu envers moi une lassitude ?

Sans interrompre ces paroles

Qu’elle murmure, comme une folle,

Je quitte ce lieu

Et m’éloigne de ses yeux.

Dans la furie de la chose

Et dans mon état morose,

Ma plume s’en alla se plaindre à mes connaissances

Pour ne pas abdiquer l’œuvre de mon enfance.

Alors que j’attribuais à mon esprit

Loin des êtres, un instant de répit,

J’entends des voix

Provoquant mon émoi.

Je me résigne à l’écho de ces voix

Qui ont amadoué tous à la fois

Mon ire. Et me concilie

Avec ma plume, ma vie.



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