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Courir le monde

Quand je me lasserai de courir le monde
Quand je suspendrai cette improbable ronde
Je considérerai mon corps endolori
Et déchiré parce que à jamais vieilli

Mes yeux cingleront les vaisseaux de mes jambes
Ainsi que les veines violacées de mes mains
Les mauvaises douleurs qui l’échine flambent
Et la somme amenuisée de mes lendemains

Je deviendrai alors ce que je n’étais pas
Une vioque un vieux machin une ruine
J’aurai sans appel abandonné mes appas
Contre une canne et une cape d’hermine

Le tolérerai-je je l’ignore déjà
Accepterai-je de faire des petits pas
Couvrir mes épaules dès que souffle le vent
Aussi me dévêtir derrière un paravent

Ne plus jamais sourire de toutes mes dents
Et voir mes cheveux d’or changés pour de l’argent
Mon teint de lys roses devenant caverneux
Et mes yeux d’émeraude alors chassieux

J’aurai oublié ma jeunesse lointaine
Je ne saurai plus que j’existe encore
Et si dans mes années j’atteins la centaine
Siècle inutile remporté sur la mort

Tout aura été vide vain et stérile
Les souvenirs évanouis volatiles
Finiront d’oublier ce qui comblait mon corps :
Vivre mes passions ainsi qu’un météore



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