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Dans le soir, je marchais…

Dans le soir, je marchais en récitant tranquille
Des poètes, les vers, cherchant loin de la ville
Tonitruante, un coin d’ombre. – Je récitais.
Voilà ! J’étais heureux, loin des brutalités
De l’homme devisant – pauvre sage – avec l’herbe ;
Avec les fleurs qu’un coup de vent peut mettre en gerbe ;  
Avec tout ce qu’à fait la Nature. – J’avais
Pourtant de longs discours, loin de l’homme mauvais ;
Me confiant auprès du trèfle comme un frère
Se confie. – Et ce doux ami disait : « Espère ! »
Non ! Il ne parlait pas, mais c’était un soutien !
Et le silence autour savait notre entretien.
Je lui disais : « Vois-tu… » ; lui répondait : « J’écoute ! »
Sans rien dire laissant rouler sur lui, la goutte
D’eau. – Tout le bois était à mes mots ; attentif
Et l’oiseau en lançant son chant répétitif
Dans l’air semblait vouloir en sifflant me convaincre
Qu’à force de se battre on finit bien par vaincre.
Le hibou qui sait tout : la loi, l’ordre et l’esprit,
Tout ce que dans un livre un jour l’homme a inscrit
Professait de sa voix grave quelque sentence.
J’étais triste… et des bois, de toute l’assistance :
Montait – du lilas frais, penseur vif et hardi ;
Tant d’estime et d’amour, loin du monde enlaidi ;
Des branches tant de joie et des feuilles tant d’âme ;
Que j’oubliais le monde et tout ce qui s’y trame. –

23.08.18 ©



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