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Elle pénètre, glisse de ma plume sur le feuillet,
Douce imperfection de mes maux,
Elle entre par la grande porte de mon cœur,
Émiette la haine pour la rendre impropre,

Quand du fusain et de l’aquarelle, j’ai
Croqué l’envie, clarifié l’étain des émaux,
Sur les vitraux de ma cathédrale ; dans son cœur,
J’ai dessiné de fines arabesques d’amour-propre,

Puis, j’ai inscrit vos noms en secret, au clair de lune,
Eclairé de ma chair obscure, soulagé de vous aimer ;
J’ai versé dans les hanaps, toutes les rousses et les brunes
Qui nous enivrent, trinqué à votre santé, seul j’ai chanté

Tous les psaumes des chants de Maldoror, insatiable animal,
Je me suis délecté de nos vices, entre Sade et Dante,
Et même, me pardonnerez-vous pour autant, las ! Fatal,
Je ne suis pas venu ici pour combattre d’une fente !

Je suis venu par amour, vous disséquer, vous découvrir,
Votre âme à nue, pour entendre encore battre l’humanité,
Jusqu’au dernier battement de mon cœur, et d’un désir,
J’ai déposé mes armes, agenouillé devant votre beauté.

Puissiez comprendre, de ma souffrance, d’un ressenti
Sans aucunes désillusions, admettre que dans ce jardin
Peu importe l’heure, entre le bien et le mal, je fis
Quelques pas avec vous, j’ai contemplé en vain d’un rien

La vie, qui est un tout, la mort n’est point une finalité,
Je suis l’affamé de vos connaissances partagées,
Et j’aimerai emporter au jour du jugement dernier,
Toutes vos créations et partir vers des étoiles de clarté !

Pour ne plus oublier
Que j’ai existé !

© Patrice Merelle – 2017



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