Partagez

I
J’ai apprécié aux cieux, le calme et silencieux
Sentier qui menait là, vers les crêtes d’antan,
Et penché sur le monde un regard bienheureux,
-Personne pour troubler l’immensité du temps-.

N’avez-vous jamais eu plaisir de savourer
Dans le brouillard plongeant au pied de la montagne
Les parfums enivrants vos suaves pensées
Où vos yeux espèrent entrer à la cocagne.

J’ai foulé de mes pas l’océan de verdure
Contemplé d’un regard passionné les sommets,
En présence des Dieux, ce silence perdure.

Voici ce qu’on atteint : – du moins je le souhaite !
Aux cimes des hauteurs, cet air qui nous entête
Et se dépose au pied de toute sa beauté.

II
Et comme une douce authenticité confuse
Au vent des quatre coins dans les arbres touffus
J’oscillais indolent là où mon ombre fut,
C’était une complainte indicible et diffuse.

Et sans la percevoir, je sentais son étreinte ;
Ce fut d’abord un son ! Entre ces deux brisants,
Au départ murmure, comme une douce feinte,
Puis un souffle furieux comme un cri lancinant.

Dévalant les pentes, hurlant dans la vallée,
Secouant les arbres et fracassant les pins,
Aux accords éclatants se mêlaient la beauté

Et la rage des cieux autour d’un monde vain ;
Ce monde se ceignait de cette symphonie,
Et de son grand courroux, j’implorai l’infini.

III
Ô euphonie d’outre-tombe présentez-moi
De vos flots rajeunis vos orgues infinis,
Cascades riantes, là, sous ce spacieux toit,
Et de cette impression, je remémore épris

Cette musicienne s’égayant sur des harpes,
Et au loin, derrière, ce cirque de calcaire
Plongé dans le brouillard, tout comme cette carpe
Qui recherchait l’issue d’une ancienne rivière.

Les pointes acérées perçaient jusqu’au nuage
Une vaste trouée pour aborder le ciel,
Et les rayons mordants pliaient l’ombre sans âge.

Je pouvais à nouveau percevoir l’éternel.
En haut de la sente, je voguais tout heureux
Sur la sphère inondée par ces courants chanceux.

© Patrice Merelle



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.71 sur 14 votes