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Depuis si longtemps du côté où je m’endors
La nuit commence par la peur

Obscurité inintelligible dans le volume
Que la raison souffle à l’intérieur de la pensée
Pour détacher la lumière qui recouvre d’écailles
Mes paupières engourdies

Boucliers lourds de mémoires inconscientes
Lointaines et si présentes
Dans le tourbillon collectif au contour de moi-même
Et de ressemblances dissimulées
Qui s’efforcent d’être l’autre dans la forme étirée du cercle
Qui n’offre que l’opacité surnaturelle
De la perspective immobile de l’angle
Qui se referme dans l’immensité inerte du hasard

Il ne faut pas se laisser bercer par les souvenirs factices
Dénué de distance qui accueillent quelques reflets épars
Enfonçant l’effroi dans la chaleur de l’image

Il faut se munir d’un rêve
Cristalliser la simplicité provoquer sans équivoque
Dépasser l’isolement de l’ombre pour entrouvrir se qui se croise
Dans le mystère de la chair dans le tumulte d’un passage dévoilé

Il faut se munir d’un rêve
Afin d’éviter l’angoisse d’un voyage inhabité

Il faut se munir d’un rêve avant que naisse le sommeil
Et que nous détruise la facilité de l’inattendu

Ainsi l’oeil dans la douceur affaiblie par le silence
Atteindra la dimension différente
Qui précède la traduction souveraine du repos créateur.

Pierre Poquet
POEME SANS TITRE 1994



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