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Sur les rives de l’océan, tout blanc, tout lent,
sur le rivage bleu saillant,
le visage violent d’une mer irisée aux reflets violés se détend et s’étend.
Sur le bord de l’étang, tout blanc, troublant,
sur la berge d’argile
émerge agile un merle habile et volubile.
Il chante le printemps.
Tout le temps, il chante le beau temps
sous le soleil resplendissant pendant que je voyage, perdant.

Sur le bitume glacé où j’ai laissé ma dent
fume le sang séché des pas errants.
Le vagabond troublé, tout blanc, le vagabond itinérant erre,
la vague au blond, il promène sa vie éphémère,
il sait l’itinéraire, il suit l’horaire.

Sur les rives de l’Atlantique, sceptiques,
les pieds dans le sable profond, il médite sa tactique.
En écoutant le vague reflux de l’océan qui s’étend, se détend, il s’entend.
Sur le bord de l’étang, troublé, adolescent,
il sent l’incandescence d’un corps à corps transcendant
et tous ses sens en une essence.
Sur le bord de l’étang dort une évanescence passée.

Sur le bitume glacé, il se réveille troublé,
le sang visqueux dedans les blés,
comme une réminiscence et la traversée du désert,
un goût amer et sucré, suave océan de sables mouvants.
Tapis volant.

Sur le rivage familier de mon enfance landaise,
l’océan comme un frère qui m’apaise,
le doux parfum des pins dans les réminiscences de cendres.
La vie austère l’hiver et l’océan, ton frère toujours là.

L’étang magnifique est incommensurable,
et toi, l’homme à ta place misérable,
sur le bord de l’étang, tout blanc, tout lent, insignifiant.
Le monde entier dedans.

Sur les livres des étagères où je voyage et j’erre,
ermite épistolaire,
que reste-t-il des mots dans le sable quand la vague déferle ?
Que reste-t-il des perles d’âmes sur la plage du Vieux-Boucau ?

de Matthieu Marsan-Bacheré
Poème remarqué au Prix de Poésie de la Ville de Calais 2017



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