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Accroché un à côté de l’autre, une toile s’ennuie
Je me morfonds dit-elle, une onde de pluie
Me ferait du bien, il n’y a ici que noirceur
Personne ne pose les yeux sur ce tableau de malheur

Il est vrai que ton tableau n’est pas très beau
Le mien est plein mots doux, en petits copeaux
J’ai rencontré un beau jeune homme talentueux
Qui peint avec un rien majestueux

Je suis épuisé de voir ce monde défiler
Sous mes yeux, j’ai envie de filer
De voir ailleurs, plus figuratif
Moins austère, toujours à plaire admiratif

Par chance, je me suis décroché il y a quelques jours
L’artiste m’a réparé, à recomposer son tableau avec amour
Il a fait un rond noir au centre, sur le côté droit un trait noir
De haut en bas sur un fond blanc, des mots couchés en tamponnoirs

Ouais ! Il ne s’est pas foulé ton Baptiste
Je peux faire moi aussi du gribouillis égocentriste
C’est quand même formidable la création
Ton artiste est fortiche à coller des mots en libération

Oui ! Mais quand la peinture croise les mots
Elle devient lumière ; accrochée là-haut
Elle contemple perchée de sa hauteur
Ceux qui la regardent hébétés et rêveurs

Poème original de Jean Olmini
Le 17 octobre 2016



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