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Le port maritime, un espace qui néglige les dimensions, un espace qui remue tout en ma faveur. Je pensais toujours qu’il ne bougeait pas, parce que mon corps ne bougeait guère en son intérieur. Je suis immobile dès mon accès à son être, un intérieur physique et moral.
Assise dans un coin de son être géant et vaste, je me mets face à tous mes souvenirs : mon enfance, mes peurs, mes craintes, mes phobies et mes désirs.
Face à ce coin, que je trouvais toujours dans chaque port de chaque ville où j’ai vécu, je m’écrasais à l’extrême. J’avais la mer derrière moi, je ne pouvais jamais m’évader,j’avais la vie devant moi, je ne pouvais me suicider.
Mon identité en tant que membre social, se dissimule derrière cet espace, notre interaction était si profonde qu’elle se détache de tout aspect physique, notre interaction était imaginaire. Mon corps, ma personnalité et ma subjectivité décident enfin , de sauter à la mer .
Me suicider , non.
Mourir, non plus.
Je voulais sauter pour me raffraichir, me purifier de cet état d’âme impropre, incolore et iréel qui se formait dans mon inconscient.
J’avais envie de me glacer, là dans les pronfondeurs de la mer, au plus profond du moi superficiel.
J’étais enfant et je voulais mourir .
Je suis adulte et je veux toujours mourir.
Je suis née pour me donner des manièrees créatives de la mort. Je suis née pour prouver à la mort que des fois , on peut la chercher , elle prend la fuite et se disimule en nous.
J’ai sauté et j’ai vécu la vie d’une sirène pour dix minutes. Je me suis glacée et j’ai senti le gout amer de l’eau salée. Je suis devenue plus impropre , moins pûre .
Je n’existais plus , pendant dix minutes. J’ai reexisté , la mer rejetait toute créature impropre, peu importe , morte ou vivante.
J’avais pas de chance ,malheureusment, elle m’a rejeté vivante, plus vivante que jamais. Elle m’a glacé , vous savez , la mer m’a pris dans ses bras et m’a caressé telle une mère.
Je remercie ma mère de dix minutes de m’avoir recréer, je la remercie d’avoir reincarner ses émotions glaciales et ses sentiments les plus froids en mon interieur.
Je la remercie de m’avoir rejetté.
Grace à elle , j’ai appris à tout rejeter , même à me rejeter, à rejeter la vie et la mort.
Pendant mes dix minutes hors existence, j’ai appris l’art du rejet en tout ces genres, j’ai appris l’art de ma mère , la mer.
Quand on se sent très proche de la mort , là , on regrette, non pas l’acte , mais la manière.
J’aurais pu choisir la montagne , le gaz toxique ,ou un simple couteau. Mais non, j’ai choisi la mer, parce que je savais qu’elle me rejeterait, je savais d’avance qu’une telle force n’accepte point ce que j’apperlerai tout simplement un moi-rebel
Peu importe,j’ai raté la mort.
Ma mère , a raté une existence en son intérieur.
J’ai raté mon moi, courageux et craintif…
J’ai raté la vie .



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