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Couronne sur le front de ronces et d’épines,
Tu es au bout du pont que l’histoire dessine.
Attrape cette corde aux tresses incassables !
N’écoute pas l’exorde empoisonné du diable !

Le sable de nos jours s’écoule en une pluie
Glissant sur notre amour en sanglots d’infini.
Pour seul souvenir règne une plaie à tes yeux,
Comme un rubis qui saigne en longs pleurs silencieux.

Il y a dans les couleurs qui hantent ta prunelle,
L’océan de candeur à l’iris éternel,
Les neiges de l’hiver aux fragiles flocons,
Et tous les univers d’un cœur en expansion.

Mais aussi, le brouillard d’une enfance assassine,
L’ombre des cauchemars enfouis sous les ruines,
Le bleu sombre des coups et les cris d’une mère,
La tyrannie d’un fou aux allures de père.

Tu es née, piégée, au fond d’un précipice,
Dans le froid déserté des lugubres abysses.
Oublie donc le couteau aux dents de la terreur,
Et viens contre ma peau ressentir sa chaleur.

Voici la lumière et les eaux de Neptune,
Quelques planches pour faire un radeau de fortune,
Une attelle plâtrée de métal et d’ivoire
Pour tes ailes brisées par la tombée du soir.

J’invoquerai la foudre et la lave des forges
Et j’irai me dissoudre en éclairs dans ta gorge.
Je brûlerai la nuit, les dernières forêts,
Aux branches de ta vie qui meurent en fumée.

Que des torches flamboient jusqu’à l’aube éclatante
Qui vient blanchir les bois de lueurs irradiantes !
Je t’offrirai l’espoir en fragments de tendresse
Derrière le rempart des murs de ta détresse.

Les fleurs de notre enfer ouvriront leurs pétales
Sous l’écume des mers où dorment les étoiles,
Et, pour l’éternité, tu seras le soleil
Au visage doré d’argent et de vermeil.

Julien Darowski le 08 septembre 2017
Lecture avec musique sur ma chaîne Youtube



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