Partagez

Il n’est rien que le temps ne finisse par briser,
Ni les heurts déchaînés, ni les yeux scintillants
Lorsqu’elle prend votre main, ni les airs d’Antan :
Tous sont là pour nourrir nos images passées.

C’est le sens, me dit-on, de toute chose sur cette terre,
Et nous hommes perdurons les plus belles traditions
Sans jamais les comprendre, un par un, nous quittons
En silence le monde de nos vides cimetières.

Loin de moi la révolte que jadis j’arborais ;
Elle aussi a fini par se désagréger…
Il n’est rien que le temps ne finisse par briser ;
Loin de moi les joues roses d’où mes larmes s’écoulaient.

Tant de fables nous bercent sans jamais nous aimer ;
Je serai bientôt seul à laisser ma carcasse,
Sous un triste linceul qu’on m’aura préparé,
Dans l’espoir qu’en vos cœurs je conserve une place.

Je ne veux pour maison ce cercueil exigu
Que vous tous réservez à vos chers disparus !
Laissez moi me nicher dans la paume de vos mains ;
J’y serai, c’est promis, le plus sage des défunts.

Stephane Meuret, 1998
Copyright



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 17 votes