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Elle court, elle court affolée telle une enfant perdue
Les gouttelettes de pluie emplissent ses yeux
Et se confondent avec ses larmes, qui l’eut cru,
Intriguant passants dans sa course, le ventre creux.

Le temps à sa guise l’a modelée prenant le dessus,
Comme folle elle s’éloigne le plus loin de cette vie
Morbide, la souffrance imposée, courant les rues
Et seul son regard rappelle qu’elle fût autrefois si jolie .

Fuyant maison , ses menaces, ses colères, a tout laissé
Loin d’imaginer que « concubines » il avait en l’épousant :
Ses copains, le bistrot, le foot s’accaparant la seule télé,
Elle court, seule consolation, par miracle pas eu d’ enfants.

Exténuée elle marche, flot de larmes versant de tristesse.
Au mirage du début, souvenir des faux instants magiques,
Laps de temps des fleurs pour la rose, viles promesses,
Bernée, ignorée, humiliée par une envoûtante musique.

Sans le sou ni bagage, bête traquée, haletante jour et nuit
Mais bien loin de cet ogre et sa prison. Enfin hors de danger
Quand des âmes charitables au cœur d’ange l’ont accueillie.
Avant de rependre sa course vers les siens,elle fût bien traitée

Pour une fois, réconfortée par des humains, habillée par eux.
En les quittant, ses larmes de gratitude l’empêchant de parler,
Elle dit merci de l’avoir rendue à la vie par le sourire de ses yeux.
Légère et si heureuse en chemin,que de joie enfin,son cœur battait

Découvrant le prix de la dignité et les sublimes ailes de la liberté.
Par miracle, échappé au drame, exploitée, humiliée sans arme,
Combien sont-elles vivant l’enfer à qui, leur enfance même, on a volé
Combien de femmes martyrisées, une vie entière avec des larmes.

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Belhamissi Sadek le 28.10.2017



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