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Elle l’attend…

Elle aimait, aimait écrire à la lune,
Cette nuit, c’est sous un joli clair,
Seule, égarée dans ses derniers vers
Qu’elle pleure, pleure son infortune.

De sanglots, elle compose révérence,
S’empresse, ses forces l’abandonnent,
Tandis que dehors la nuit grisonne,
Maux et mots, elle lègue à son silence.

La solitude, le froid et la pénombre
L’enveloppent, lassée elle frissonne.
Minuit sonne, l’horloge bourdonne,
Surgit ce ressenti, l’envahit le sombre.

Rejoindre la mer, courir vers la falaise,
Son coeur s’affole, oppressé, il a peur.
Besoin de respirer et passent les heures,
Surmonter, il le faut, encore ce malaise.

Dans l’âtre, les braises plus rien ne consument,
Le feu s’est apaisé, couchées sont les flammes.
Son châle sur les épaules, sur sa joue, une larme.
Au delà des persiennes, se pose la brume.

Elle reste là, près de la feuille, de l’encrier,
Face à sa page, vide de mots, immaculée.
Pâle, à l’image de ce blanc linceul, figée,
Que de rêves, de beau, elle veut ensoleiller.

Son rivage, ses paysages, ses jolis recueils,
Ses mots, ses vers, ses rimes, ses poésies,
Chaque jour, l’espérant, pour lui, elle a écrit,
Attendant, jour et nuit, ses pas sur le seuil.

Elle veille, ne dort pas, résiste contre le temps,
Trop maintenant, affaiblie, la fatigue la mine.
Demain ? Elle l’espère, le voit, y croit, l’imagine,
Son amour, sa vie, l’espoir de chaque instant.

Elle s’endormira quand la bougie n’aura plus vie,
Auprès de lui, dans ses rêves, jusqu’au petit matin.
Elle ira mieux et reverra poindre le jour prochain,
Sous la dame de nuit, elle se repose, respire, sourit…

Pascale Mège-Monier
Le 16/05/2017
Texte protégé
Illustration photo internet



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