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ADIEU LES SOUVENIRS

Adieu les souvenirs partis à la poubelle,
Il faut quitter demain la maison qui s’endort,
Et que je vais fermer, malgré ce vain remords,
En accédant à leur plainte sempiternelle.

C’est mon dernier été, sous les roses en velours
Plantées au jardin le lendemain des noces,
Que j’avais choisies, très belles et précoces
Pour ma douce attendant le fruit de nos amours.

En ces temps reculés, qui paraissent factices,
On chassait du logis des parents orgueilleux,
La fille déflorée, aux yeux des dédaigneux
Qui mettaient la vertu au rang des sacrifices.

Virginie pleura les larmes de son corps,
Quand on lui présenta cet époux idyllique,
Pourvu de nombreux biens, au pouvoir fantastique,
Mais n’était qu’un grigou, amoureux de ses ors.

Voilà déjà deux ans que Virginie aimait
Me rejoindre le soir, sans autre trajectoire
Que le bord du ruisseau, où il était notoire
Qu’en un baiser fervent, tout amour s’affirmait.

J’étais un sans-le-sou, ne pouvant obérer
Le plus petit espoir d’avoir quelque renom,
Car poète maudit comment donner mon nom
À la fille, que je rêvais de libérer

Du carcan imposant dès le moindre faux pas
De fuir sans une dot dissimuler sa faute,
En attendant qu’enfin on l’absolve et qu’on ôte
De son ventre gonflé l’enfant qu’on ne veut pas



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