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Vers le crépuscule, je montais en andante du fond d’un val. Je le faisais, en langage métaphorique, par rêveries saccadées. Je visais, mon calepin à la main et le cœur désengagé, une petite monture. Je voulais voir les vagues. Je me connais. Je veux toujours voir et puis entendre. Si l’un n’exclut pas l’autre, cela vient avant ceci : le voir vient avant l’ouïe. A cet instant là, je ne me laissais pas charmer par le chant des sirènes. Ne suis-je pas dans mon port depuis le commencement ? J’évitais, tout au long du trajet, de piétiner mon ombre. Je la négligeais pour autant pour une seconde lorsque je vis une écharpe blanche au fond du ciel (le vestige d’une rencontre buissonnière). Or, à mon insu, elle s’accrocha à des ajoncs sans souffler aucune plainte. J’essayais en vain de la désengager. Je n’en ai rien sauf des points rouges sur mon doigt et des points rouges sur le sol. Sont-ils les vestiges d’une rencontre buissonnière ? Le soleil qui aurait pu me venir en secours n’était pas dans l’azur. Je fis d’une feuille blanche le buvard du passé présent et je poursuis mon voyage vers la monture. Même l’onde amère était tamisée par le blanc. Nyx était omniprésent et les feux de la ville clignotaient de loin. Je descendis promptement vers le bas. Où sont-elles mes rêveries ? Sont-elles accrochées à la nuit ? Sont-elles accrochées aux nues ? Je n’en souhaite pas faire une perte artistique. Je les note tout seul en clair-obscur.



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