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Car l’ennui me traîna jusqu’aux vieux bancs de chêne
Harcelé sans relâche par ce monstre délicat
Un appel au secours, l’esprit de Charles, quelle veine !
Me sauva de ses griffes, des recueils sous le bras.

Charles me pria de le lire, pour apprendre à l’aimer
Et de mon œil je m’abîme dans les gouffres de ses vers
D’où surgirent, côte à côte, deux amantes enflammées
Jeannine, sa compagne, et ma muse tortionnaire

Et je fus l’hypocrite lecteur, son semblable, son frère
Un pirate au butin en sonnets tout en fleurs
D’où le mal de l’amour monte en moi comme la mer
Tant sa houle en émet des longs rires et des pleurs

Ainsi Charles m’enseigna le langage des fleurs
Et les choses muettes qui se parlent à jets d’encre
Et propagent dans l’esprit brûlures en profondeur
qui rongent, coulées de lave, plus vite qu’un foutu chancre

Et nous rions jusqu’au malaise de ces femmes damnées,
De ces muses interdites que nous eussions aimées
La passante ou la Madone, grisantes senteurs halenées
Qui vite allument l’Albatros de proies célestes affamé

Ne sois pas sot, sacrebleu ! Existe-t-il d’amour sans quête ?
Cette folle qui t’affole et que tu aimes comme tu hais
Fera germer mille sonnets dans ton cœur de poète.
Rancœur et passion suinteront de ta plume en saillies.



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