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Enfants de la rue

Livre ouvert au coin de toutes les rues,
De leurs larmes qui ne sèchent qu’à peine,
Ils dessinent
La face de ce monde si fou, si triste,
De cette terre, si déserte, si ingrate,
Peuplée de corps sans âme, sans valeurs ni bon cœur,
Des visages durs, placides, sans douceur, sans chaleur, ni amour,
Aux yeux qui regardent, mais ne voient rien,
Aux têtes bien faites, mais sans conscience,
Douleurs, douleurs, dans le silence qui tue,
Celui des jours et et des nuits qui passent,
Été comme hiver, printemps comme automne,
Haillons, pieds nus, chaussant l’asphalte,
Cheveux hirsutes, corps meurtris, couleurs de la terre.

De leur plume, ils notent
Chaque jour qui passe,
Le nombre de leurs semblables qui trépassent
Affamés, assoiffés, orphelins, délaissés,
Dans l’anonymat sans nom, sans prénom,
Sans attache que la présence qui gène, qui dérange
L’ordre, la qualité, la beauté, l’ère du bien-être,
Mais jamais ne remue l’esprit, ni le bon sens
Douleurs, douleurs, pour ceux et celles
Qui trépassent , sans sépulture, qui trépassent !

De leurs petits doigts, ils gravent
Dans le sable, leur misérable trace,
De leur voix sans timbre, ils crient aux quatre vents,
Au souffle du ciel, leur infortune, leur malchance,
D’être, de naître, sans le vouloir, quelque part,
Avec dans le nuage et la fumée, leur espoir, leur désespoir.
Et marchent en pleurs, les yeux grand ouverts.

Dieu et père !
Qu’ont-ils, ces enfants, à attendre, comme devoir
De la société, de la famille,
Du monde entier, de l’humanité ?

_Un peu de chaleur !
_Un peu de générosité et d’amour !
_Un sourire aux lèvres, une compassion au détour !
_Une petite tendresse dans les grands cœurs !

Et une ferme promesse, solennelle :
_ Jamais plus ça !
Que nos rues soient enfin comme les mosquées, les églises et les temples
Propres, sans misère, propres, sans enfants qui errent, sans père ni mère !

Abdelmalek Aghzaf,
Ksar El Kébir, le 10/06/2014.®©



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