Partagez

J’ai connu, dans ma vie, deux vies différentes,
Devant, par expérience, en faire la différence,
Deux vies sans but précis et si incohérentes
Que, des deux, je n’ai aucune préférence.
L’une de tant de beauté et tant d’indifférence,
L’autre de cruauté et d’éternelles souffrances,
L’une n’étant pas belle, c’est la pauvre richesse
L’autre étant cruelle, c’est la riche pauvreté !
La première, assouvie, a perdu sa noblesse,
La seconde, insatiable, usant d’humilité.
Les deux, trop malades vivant d’ordonnances,
Deux pôles opposés dotés de corpulence,
Aux antipodes de l’une et de l’autre, de naissance,
Brillant l’une et l’autre selon la subsistance,
L’une ayant toujours faim et l’autre bien soignée,
Les bourses de ces deux-là n’étant point alignées.

J’ai connu la période où ces bonnes fins de mois
Aplatissent les bourses et le cœur en émoi
Ne cesse de ressasser les années de bombance
Le cerveau stressé perdant toute sa confiance.
J’ai connu les périodes où la table bien garnie,
Se dressait noblement, la famille réunie,
Les repas se suivant, on y goûte à peine,
La bourse se dégonfle demeurant toujours pleine.
Ces vies sont au passé et peut-être au présent.
La riche pauvreté se targue de noblesse,
Dans la pauvre richesse ne demeure que finesse,
Garnie ou non garnie, la bourse est un poison.
Si on dit que « l’habit ne peut point faire le moine »
En automne, en été, on se nourrit de blé et d’avoine,
Quand arrive le printemps, on se gave, on se soigne
Arrive la saison froide, on se cogne, on s’empoigne.

La pauvre richesse se nourrit d’élégance,
La riche pauvreté ne s’arme que de patience,
Quand pour l’une, il est question de pitance,
Pour l’autre, c’est toute la subsistance.
Rendez le riche pauvre : il sera obséquieux,
Rendez le pauvre riche, il ne fera pas mieux !
La Nature Humaine ne s’écarte pas des lois
Que Dieu a décidées pour les chefs et les rois
Et même le menu peuple et tous les manants
Qui attendent de Dieu l’Ultime Jugement.
Croyez ! Priez ! Ayez toujours la foi !
Enfermez-vous encore dans un cercle étroit
Là où l’on sentira les murs de la prison
Se resserrer contre vous en toute occasion.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.33 sur 3 votes