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Rien, n’emmènerez de l’autre côté du mur,
De tout ce que vous possédez à présent…
Rien ne franchira l’indicible clôture,
De ce qui vous est cher, si chair, et os et sang…

Vous espérez peut être, à l’heure de la cassure,
Garder l’intégrité de tous vos fins talents,
Nourri de cette idée qui, tant, vous rassure ;
Déchantez car, comme l’or, n’en n’aurez nul talent …

Prouesses, victoires, nobles aventures,
Réussites sociales, dignité du haut rang,
Parades aux Champs et en jolies voitures,
Tout ceci n’a plus cours, aux portes du Néant.

Vos traits de génie, vos pensées, vos allures,
Tout ce qu’ici, fait de vous cet Être brillant,
N’en garderez ni l’ombre, ni la pelure,
Quand serez parvenu au premier Devachan…

Sublimes tactiques, redoutables armures,
Courage du héros, énergie de battant,
Ne pousseront ni clameurs, ni hauts murs,
Quand vous aurez franchi le seuil du temps.

Auguste faculté, vocables d’envergure,
Votre intelligence d’illustres parents,
Tout ce qu’ici bas, du meilleur, augure,
C’est à ce monde tangible, seul, qu’on le rend…

Vous vous croyiez sans la moindre fêlure,
Ainsi nanti des forces et des vertus des Grands,
Tout ce qu’abritait votre si fier galure,
N’aurez qu’à le jeter comme, avant, votre gant

Vous dont le vent gonflait l’imposante voilure,
Vous qui teniez les barres du commandement,
Laisserez votre butin à des miles d’encablure ;
Il n’entre de galions, aux ports du firmament !…

Patrice Lucquiaud – Mirebeau le26/03/2010 –



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