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Chant I

J’ai déchiré l’azur de mes doigts ironiques,
Fuyant et sans répit, loin des brouillards tragiques ;
J’ai versé des larmes roseaux de mes envies,
Pour l’oubli idéal, au mépris de mon lit.

Avec l’intensité de tous mes noirs vertiges,
Mon ennui vaporeux a aimé mes vestiges,
Oh, brumes en lambeaux, qui font et défont, là
Basternes fortuites, si vides sous mes pas.

Le soleil blanchâtre s’éteint à l’horizon,
Et je cligne des yeux dans les cendres prisons,
Décembre m’appelle de toute sa splendeur,
Regarde à flanc d’azur pour ces pâles bonheurs !

Chant II

Mon âme loin de vous se déprime d’amour,
J’essuie, si impuissant, les larmes de mes jours,
Quand les livides nuits de mon corps atterré,
S’enflamment dans le noir des abattues pensées.

Et vers qui me tourner ? Vers l’étang azurin !
Vaste vase d’ennui qui me fuit pour un rien.
Les déserts stériles de nos vieilles cités,
Sont d’autant de remords aux yeux déjà fermés.

J’amasse des clichés dans mon cœur, dans mon âme,
Qui étouffent l’horreur vers un repos maussade,
Entre les noirs moutons d’éclaircies qui me blâment ;
Et où vont les hommes ? –mes futurs camarades !-

Chant III

J’ai rêvé d’un ciel peint de sang et de matière,
Un soir, au crépuscule éméché de la vie,
Suis-je martyr qui vient à son trépas litière ?
Le silence est blessant à ces vents sans avis !

Du haut des falaises J’embrase sans faiblir,
Les haillons cotonneux toisant les rouges toits ;
La révolte gronde, quelques éclairs plaisirs
D’un bleu métallique fendent l’azur sans voix !

L’art naturel sans fard éclaire de ses phares,
Mon corps gisant ici, -vie ou trépas ? pour plus !-
De la peur au ventre, j’accoure dare-dare
Sur le trottoir mouillé me cacher d’angélus.



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