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Tout en haut de son mat le drapeau flotte au vent,
Personne ne l’entend, personne ne le voit,
On regarde le sol, comme on le fait souvent,
Pourtant une colombe passe au-dessus d’un toit.

On regarde le sol, comme on le fait souvent,
Pour ne pas regarder un regard, une larme,
Et on baisse la tête, je dirais simplement,
Le regard des autres quelquefois nous désarme.

Le silence est pesant, voir même assourdissant,
On tortille nos doigts, on se croise les mains,
On voudrait effacer l’espace d’un instant
La violence du monde pour d’autres lendemains.

On voudrait effacer l’espace d’un instant,
La violence du monde, et on rêve d’amour,
Et on pense à des fleurs, ça n’a rien de gênant,
Pour effacer les balles, et on rêve qu’un jour…

Et on rêve qu’un jour on verra le soleil,
Se lever un matin sans craindre que la nuit,
Face fuir le jour dans un dernier sommeil
Et qu’un dernier silence, face oublier le bruit.

Et soudain le tambour nous fait lever les yeux,
Et on voit le drapeau que fait danser le vent,
Puis on voit la colombe qui s’élève aux cieux,
Et puis elle disparaît, je dirais, doucement.

Le tambour se tait et fait place aux paroles,
Quelques mots simplement, mais qui nous font souffrir,
Et puis ce sont des noms qui chassent les paroles,
Et puis ce sont des larmes, qu’on ne peut retenir.

Tout en haut de son mat le drapeau flotte au vent,
La colombe est partie vers un autre rivage,
On regarde les cieux comme on le fait souvent,
On se dit qu’à présent, il faut tourner la page.



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