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Sous l’abondant feuillage, je contemple le blanc du pin et ce qui reste du matin. Le blanc se mêle au blanc. Le blanc ressemble au blanc. Le blanc du matin, le blanc des nues et le blanc des troncs correspondent à la candeur de mes idées. Je vénère cet arbre. Je le vénère parce qu’il en fait autant à ses semblables. Enfin, je le vois ainsi. Il ombrage ceux qui sont plus petits que lui. Il leur prête des chants des rossignols qui peuplent ses rameaux. Il n’est jamais avare. Il est immense, pourtant il ne s’arroge rien. Il ne convoite pas les fruits fardés des autres. Il se contente de ce qu’il a, ses cônes. Il ne piétine non plus ceux qui sont plus petits… La scie ne lui dit rien. Il ne mourra jamais. Il sera quelque chose. S’il serait un tableau, il enseignerait aux bambins les lettres. N’était-ce pas quelque chose ? S’il serait un châssis, il serait un monde ouvert sur les fleurs. S’il serait une plume, il n’accepterait jamais d’écrire le mot : mort. Il ne tracerait que le mot : être. Il est là, gardien des étoiles le soir et gardien des nues au petit matin. Il ne dort jamais de peur de perdre sa verdure. Il est là tout vénérable sous l’azur. Un jour, j’ai souhaité devenir un mont. Là, je souhaite encore être un pin qui regarde toujours vers le firmament.



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