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Feuille d’automne

Dans une flaque des premières pluies
Se laisse choir, inerte, morte
Sans âme, teint blême des morts
Ma feuille de platane, ce matin, rendit l’âme
Dans son linceul liquide
Triste, je la regarde, mon teint est livide
Et je pensai que là n’est point sa place
Ma feuille, allongée, sans conscience, jonchant
L’humus, au pied de l’arbre presque squelettique
Je la pris avec soin, d’une main
J’ouvris au hasard mon Tolstoï
Et je la mis entre Guerre et Paix

Pensant que ma feuille de platane
Morte, en ce début d’automne, ce matin,
Pourrait survivre entre mots et pages d’un grand livre,
Pour le bonheur d’un bon penseur, d’un bon diseur de mots,
Pour l’éternité de la beauté, de la sagesse des idées
Des hommes/arbres qu’ils furent,
Nous ne gardons que nostalgie et souvenirs,
Entre maux et joies, tristesse et gaieté
Du temps qui témoigne et qui passe
Et du corps qui se vide, se ride et trépasse,… !

Abdelmalek AGHZAF,
Fès, le 23/09/2014®©



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