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Peinture de F. Cembranelli

Fleur en déclin…

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Elle avait l’allure frêle, ténue d’un pétale flottant au vent
Élégante dans sa robe de taffetas rappelant crinoline de fleurs
Son visage friponné comme corolle fleurie souriait au temps
Fluette aérienne, comme plume s’envolant vers un ailleurs

 Souvenirs précieux ourlés de dentelle lentement s’effaçaient
Gracieuse et fragile sa mémoire voltigeait entre deux mondes
Aérienne, éthérée, vaporeuse elle fuyait, se cachait dans l’ombre
Réminiscences de plus en plus discrètes, plutôt vagabondes
Elle s’évadait dans son jardin secret, intouchable elle devenait

 Elle flageolait, tremblait comme pétiole qui s’effrite à l’automne
Ses pas hasardeux l’amenaient dans l’errance de son esprit
Ou elle s’isolait loin dans ses rêves, dans son univers atone
Son charme s’étiolait, ses paroles se taisaient, elle s’évadait

 Dans son regard on pouvait lire son envol, ses absences
Ses prunelles perdues dans un monde où l’on était  plus
Seule musique la ramenait à la valse le temps d’une danse
Rapidement voile caressait ses paupières, le contact rompu

 Belle dame, aux rides qui trahissaient son âge vénérable
Gente femme se dissipant dans le gouffre de sa démence
S’est éteinte un matin de septembre, sans souvenance
Du printemps, de l’été, du parfum de sa fleur irremplaçable

 Et moi attendrie je pleurais sur la tombe de ma mère…..

Qui ne me connaissait plus..

 @ Dominique Chouinard



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