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Quand mes mots flotteront sur des lacs éphémères ,

Sur les flots ambigus que dépeignait Homère ,

Je voudrais tant qu’avec leur sens ils s’évaporent ,

Pour former un nuage orné de métaphores .

.

Quand mes mots tomberont pour arroser tes terres ,

Comme un orage aigu qu’on attendait naguère ,

Je voudrais tant qu’avec leur sens ils te remplissent ,

Pour mieux te féconder par un regain d’Ulysse .

.

Quand mes mots surgiront libérés par l’hiver ,

Dans quelque Germinal friand de ciel ouvert ,

Je voudrais tant qu’avec leur sens ils t’attendrissent ,

Pour que ton sein les aime et que tu les nourrisses .

.

Quand mes mots pousseront dans leur boustrophédon ,

Tentés par le sonnet ou par le vent des friches ,

Je voudrais tant qu’avec leur tête en acrostiche ,

Ils forment ton prénom et d’éternels centons .

.

Quand mes mots fleuriront dans le qu’en dira-t-on ,

Immortels en bouquet , soucis du quotidien ,

Je voudrais tant qu’avec leur sens baudelairien ,

Ils restent incompris , sauf par nos Cupidons .

.

Quand mes mots faneront par le temps qui prend tout ,

Sur un air de Ronsard ou de Léo Ferré ,

Je voudrais tant garder leur sens inaltéré ,

Au-delà du vivant , mais en-deçà de nous . 

.

Quand mes mots périront au bout de l’Odyssée ,

Dispersés sur la mer comme feuilles de tremble ,

Je voudrais tant qu’avec leur sens ils se rassemblent ,

En un nuage blanc d’où pleuvront nos pensées .

.

Je ne sais pas ce que tu dis , ni quel tapis tu tisses ,

Pour t’être revenu comme le fit Ulysse ,

Je voudrais trop trouver ces mots après la pluie …

Ils sont témoins diserts des larmes qu’on essuie .



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