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Quand l’étranger servait d’amour à Baudelaire,

Je contemplais le ciel et tuilais les nuages,

Pour plus de toi en arrêtant leur court passage :

C’était mon rêve aussi  et leurs moutons grégaires…

.

Quand l’éventail servait d’amour à Mallarmé,

J’urais écrit mes vers sur le moindre papier ;

Pour aller jusqu’à toi, il me fallait cent pieds :

C’était mon bal et ma façon de te charmer.

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Quand le passé servait d’amour à Lamartine,

Je remplissais nos lacs de larmes clandestines,

Pour plus de toi en rassemblant nos souvenirs :

C’était mon pas et ma façon d’y revenir.

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Quand l’amitié servait d’amour à Rutebeuf,

Je maudissais le vent en repassant Ferré ;

Pour plus de toi, je t’emmenais sur le Pont-Neuf :

C’était Paris aussi et ton corps à serrer.

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Quand le travail servait d’amour à Verhaeren,

Je guettais la pendule au milieu de l’usine ;

Pour plus de toi, je réclamais mon vieil Éden :

C’était l’effort aussi et ses fourches caudines …

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Quand la pampa servait d’amour à Supervielle,

Je rêvais de prairie immense et naturelle,

Pour plus de toi en t’exilant loin du bitume …

C’était la steppe aussi et très peu de costume.

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Quand l’élément servait d’amour à Saint-John Perse,

J’étais le paysan soumis et affamé,

Pour plus de toi, pour ton orage et ton averse,

C’était mon petit monde et ma façon d’aimer.

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Quand le cancer servait d’amour à Neruda

J’aurais voulu crier sa mort dans la Pravda,

Pour plus de toi, de liberté et d’insouciance,

C’était ma paix aussi et mon goût pour ta danse.

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Quand le soleil servait d’amour à Heredia,

Je le couchais toujours au verso de ton cœur,

Pour plus de toi et pour ta peau dans l’immédiat :

C’était mon soir et ma façon d’être voyeur.



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